« Je veux travailler ! » s’exclame un enfant qui n’a pas encore trouvé d’activité. Voici, le genre de phrases que l’on peut entendre dans une école « type » Montessori. J’ai choisi d’effectuer un stage dans ce type de structures afin de m’approprier une nouvelle expérience parmi les enfants. J’avais l’envie de m’imprégner de leur façon d’être afin de mieux les comprendre et donc de répondre le plus justement à leurs besoins au moyen de mon livre. Cette école est l’endroit parfait pour observer les thématiques liées à l’enfance. Les élèves vivent en communauté. On leur apprend les valeurs de la bienveillance et de l’écoute. Ils font une partie de leur travail en groupe. Cela crée des liens forts, mais aussi parfois des conflits. Ici, on règle les différents par le dialogue et l’écoute approfondie de chacun.

Les enfants sont autonomes et après avoir travaillé sur la thématique principale, ils sont libres de choisir le travail qu’ils souhaitent. Comme cette action part de leur initiative, ils sont enthousiastes à l’idée de faire des divisions ou de la conjugaison. Ce système permet à chaque enfant d’avancer à son rythme, qu’il soit précoce ou en difficulté, chaque élève peut suivre son propre programme adapté. Dans un système classique, on ne peut pas se permettre de consacrer autant de temps à chaque enfant et il est difficile d’adapter le programme pour les élèves en retard ou les élèves surdoués qui ont tendance à s’ennuyer et à perturber le cours.

Par conséquent, les élèves n’essayent pas « d’échapper » aux exercices. Ils prennent plaisir au travail et n’ont pas d’esprit de compétition. A l’inverse, ils ont un sens de l’entraide très développé.

Pendant ces jours, j’ai pu observer que pour pouvoir exercer une autorité bienveillante efficace il faut que les enfants établissent une relation de confiance envers moi. Rapidement, je me rends compte que le métier d’éducatrice est difficile et qu’il demande d’ouvrir grand son cœur et d’avoir beaucoup de patience.

J’ai également analysé que le temps de concentration des enfants étaient de 30 minutes maximum, ensuite il faut changer d’activité. Cela confirme donc le modèle que j’avais déjà développé auparavant pour mes ateliers de méditation.

Chez l’ambiance 6-11 ans, tous les élèves jouent ensemble. Ils vivent en quasi harmonie sans discrimination. Seul le langage nécessite une petite surveillance vis à vis de ce que peuvent dire les plus grands à côté des plus petits. Avant ce stage, je pensais diviser mes ateliers en deux groupes mais en réalité cet échange multi-âge est très instructif pour chacun. J’ai alors décidé à la suite de cette analyse de réfléchir à un atelier commun aux 5-10 ans qui comporteraient deux profondeurs différentes.

J’ai eu la chance de pouvoir expérimenter mes ateliers sur les élèves de cette école et de leur présenter mon ouvrage. J’ai pu ainsi m’inspirer de leurs retours et de leurs ressentis. Cela a été une expérience magnifique, les enfants ont une grande capacité à s’évader dans leur esprit. Peu de concentration leur suffit à faire de grandes méditations. En échangeant avec eux, j’ai ressenti qu’il y a un réel besoin de travailler le contrôle des émotions et que la méditation peut leur apporter une solution durable dans le temps.